La suppression de la prime covoiturage au 1er janvier 2025 a changé la donne pour tous les utilisateurs réguliers de Citygo. Le calcul de rentabilité d’un trajet partagé ne repose plus sur les mêmes leviers, et les conducteurs comme les passagers qui n’ont pas adapté leur stratégie perdent mécaniquement de l’argent.
Forfait mobilités durables et Citygo : le levier fiscal à activer en priorité
Le forfait mobilités durables (FMD) constitue aujourd’hui le principal dispositif permettant de monétiser ses trajets domicile-travail en covoiturage. Il couvre aussi bien le conducteur que le passager, avec un plafond pouvant atteindre 600 euros par an dans le secteur privé. Le versement reste facultatif côté employeur, sauf disposition conventionnelle contraire.
Nous recommandons de vérifier auprès de votre service RH si un accord d’entreprise ou de branche prévoit le FMD. Sans cette démarche, le covoiturage quotidien via Citygo reste une économie de carburant, pas un revenu complémentaire. La nuance est significative sur un budget annuel.
Concrètement, pour qu’un trajet Citygo soit éligible au FMD, il faut pouvoir justifier la régularité du covoiturage. L’historique de trajets dans l’application sert de justificatif. Conservez vos récapitulatifs mensuels : certains employeurs exigent un relevé détaillé avant de valider le remboursement.
Ceux qui cherchent à mieux rentabiliser ses trajets avec Citygo doivent intégrer ce paramètre dès le départ, car il transforme un simple partage de frais en avantage fiscal structurant.
Aides locales au covoiturage : des écarts majeurs selon les territoires

Depuis la fin de la prime nationale, les collectivités territoriales sont devenues le relais principal des incitations financières. Le problème : ces dispositifs varient fortement d’une agglomération à l’autre, et leur pérennité n’est jamais garantie.
À Aix-Marseille-Provence, un conducteur peut percevoir jusqu’à 3 euros par passager transporté, et le passager bénéficie d’un trajet gratuit. En Occitanie, la région a renforcé ses aides face à la hausse des carburants, mais les modalités diffèrent selon les bassins de mobilité. D’autres territoires n’offrent aucune aide spécifique au covoiturage courte distance.
Avant de bâtir une routine de trajets Citygo, nous conseillons de consulter le site de votre intercommunalité ou métropole pour identifier les dispositifs actifs. Trois points à vérifier :
- Le montant de la subvention par trajet (conducteur et passager, car les deux ne sont pas toujours couverts)
- Le plafond mensuel ou annuel de l’aide, qui peut limiter la rentabilité au-delà d’un certain nombre de trajets
- La durée du dispositif, certaines aides étant expérimentales et limitées à quelques mois
Un conducteur qui cumule le FMD employeur et une aide locale sur un axe bien desservi peut couvrir la quasi-totalité de ses frais de carburant. Sans ces deux leviers, le gain reste modeste.
Optimisation du profil conducteur et taux d’acceptation sur Citygo
Un profil incomplet divise par deux les chances de trouver un passager régulier. Sur une application de covoiturage urbain comme Citygo, la confiance se construit avant le premier trajet. Les passagers consultent les notes, la photo, et le nombre de trajets effectués avant d’envoyer une demande.
L’enjeu pour un conducteur qui veut rentabiliser ses déplacements quotidiens, c’est la récurrence. Un passager satisfait qui emprunte le même axe domicile-travail devient un covoitureur régulier, ce qui supprime le temps perdu à chercher de nouveaux passagers chaque matin.
Pour augmenter ce taux de récurrence :
- Publiez vos trajets récurrents avec des horaires fixes plutôt que des créneaux larges, les passagers réguliers cherchent de la prévisibilité
- Répondez aux demandes dans les minutes qui suivent leur réception, la réactivité est le premier critère de sélection côté passager
- Acceptez le paiement via l’application plutôt qu’en espèces, cela simplifie le suivi pour le FMD et rassure les nouveaux utilisateurs
- Maintenez une note élevée en soignant la ponctualité et la propreté du véhicule, deux points récurrents dans les avis négatifs

Covoiturage domicile-travail avec Citygo : calcul réaliste du gain net
Nous observons que la plupart des articles sur le covoiturage surestiment les économies en oubliant les coûts induits. Un conducteur qui fait un détour de quelques kilomètres pour récupérer un passager consomme davantage de carburant et d’usure véhicule que son trajet direct.
Le gain net dépend du ratio entre la contribution passager et le surcoût kilométrique réel. Sur un trajet urbain court (moins de 20 km), le montant perçu par passager est faible. La rentabilité ne se joue pas sur un trajet isolé, mais sur le volume mensuel.
Un conducteur régulier qui transporte un ou deux passagers cinq jours par semaine accumule un montant significatif sur un mois. Ajoutez-y le FMD si votre employeur le propose, et éventuellement une aide locale, le covoiturage quotidien couvre alors une part substantielle du budget carburant.
En revanche, un conducteur occasionnel qui publie des trajets irréguliers ne trouvera pas de passagers fiables et ne pourra pas prétendre au FMD faute de régularité documentée. La rentabilité sur Citygo est proportionnelle à la constance de l’offre.
Le choix du point de rendez-vous joue aussi sur le bilan. Privilégiez les lieux de passage naturels (gares, stations de métro, entrées de zones d’activité) plutôt qu’une adresse personnelle excentrée. Moins de détour signifie moins de surcoût, et un point de rencontre accessible attire davantage de demandes.
La suppression de la prime nationale a rendu le covoiturage quotidien moins automatiquement rentable. Les conducteurs qui tirent réellement profit de Citygo sont ceux qui combinent un axe à forte demande, le forfait mobilités durables, et une aide locale quand elle existe. Sans au moins deux de ces trois éléments, le gain reste marginal sur des trajets courts.



